La position ambiguë de l’Académie nationale de pharmacie

Par l’intermédiaire d’un communiqué daté du 3 février dernier, l’Académie nationale de pharmacie a pris position quant à l’usage de la cigarette électronique. Cette institution se définit elle-même comme une expertise scientifique au service de la santé publique.

Des constats partagés

malade cigaretteDans son communiqué, l’Académie commence par dresser une liste de constats avec lesquels il est difficile d’être en désaccord. Elle place la lutte contre le tabagisme comme une priorité nationale de santé publique, le qualifiant au passage de fléau à l’origine de 73000 décès par an. Elle poursuit en reconnaissant la cigarette électronique comme un moyen important pour la minimisation des risques de part le fait que l’apport de nicotine se fait sans combustion de feuille de tabac. Cela épargne ainsi les risques liés à l’inhalation de nombreux produits toxiques.

Une fois le cadre posé, l’Académie exprime fermement ses recommandations. Raisonnables d’abord, étonnantes ensuite. Elle préconise en premier lieu un contrôle accrut des recharges dans le cadre de la norme Afnor, ainsi que de la température de chauffe normale de l’appareil afin d’empêcher la transformation de glycérine en acroléine.

Des conclusions contradictoires

scientifiqueLa seconde partie des préconisations de l’Académie est plus étonnante compte tenu des premiers constats dressés. Elle reprend en effet l’argument qui ferait de la cigarette électronique une porte d’entrée vers le tabagisme dit «classique». Elle recommande ainsi que le vapotage soit réservé aux personnes en cours de sevrage nicotinique et qu’il soit interdit partout où l’usage du tabac est illicite.

Ces derniers éléments apparaissent cette fois contradictoires. Alors que l’Académie nationale de pharmacie considère la cigarette électronique comme un vrai moyen de « minimisation » des risques liés au tabac, elle continue l’amalgame avec la cigarette traditionnelle. Il est difficile de ne pas voir ici une manœuvre pour s’approprier un marché en pleine expansion, quand dans le même temps, la vente des substituts nicotiniques traditionnels est en forte baisse.

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