Débat sur la cigarette électronique: responsabiliser ou réprimer ?

Débat autour de la cigarette électronique

Cigarette électroniqueDans un article paru le 2 juin dernier sur le site du Figaro, Gaspard Koenig, agrégé de philosophie, s’interroge sur l’attitude réfractaire du gouvernement à l’égard de la cigarette électronique.  Son postulat réside dans l’idée que l’e-cigarette est finalement en train de réussir là où l’Etat à échoué pendant des années : la lutte contre le tabagisme. Il rappelle que les ventes de tabac ont diminué de 7% l’année dernière alors que dix ans de politiques publiques répressives n’avaient eu aucun effet.

Responsabiliser plutôt que de réprimer

L’article devient encore plus intéressant quand il approfondi le sujet et questionne le rôle interventionniste de l’Etat. Gaspard Koenig s’appuie alors sur le philosophe britannique John Stuart Mill, et développe une thèse libérale en indiquant que l’Etat n’est finalement pas légitime à déterminer ce qui est bien pour les individus, et ce, contre leurs grès. Il doit plutôt éduquer et informer. Les individus, bien informés, doivent eux-mêmes choisir ce qui est dans leur propre intérêt.

Sur le débat de l’interdiction du tabac, il se positionne donc pour une meilleure information et une plus grande lisibilité pour le consommateur sur ce qu’il consomme, mais sans attenter à sa liberté de choisir. En 1859, Mill l’affirmait déjà : «toute augmentation du coût représente une prohibition pour ceux qui n’ont pas les moyens nécessaires, et une pénalité injuste pour ceux qui les ont».

L’épineuse question des taxes

L’article justifie ses propos en expliquant que l’Etat est soumis à ses propres conflits d’intérêts ce qui pose la question de sa neutralité et de sonDébat sur la cigarette électronique objectivité. Des liens étroits entre cabinets ministériels/expert en santé publique et groupes pharmaceutiques ont d’ailleurs déjà été révélés. Selon Mill, la seule bonne raison de taxer le tabac pour l’Etat doit être fiscale. Il ne doit pas le faire pour influer les comportements.  Cela s’inscrit toujours dans la volonté de responsabiliser les consommateurs.

Alors que de nouvelles dispositions anti-tabac devraient être prochainement annoncées, avec par exemple la possibilité d’interdire la cigarette électronique dans les lieux publics, les éléments apportés par Gaspard Koenig questionnent en profondeur l’attitude du gouvernement.

Lien vers l’article « L’état serait-il jaloux de la cigarette électronique » sur le site du Figaro

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